La réglementation française impose un socle minimal d'informations : dénomination du produit, poids net, numéro de lot, coordonnées du responsable de la mise sur le marché, taux de THC (obligatoirement inférieur à 0,3 %). Pour les huiles et compléments alimentaires, la réglementation sur les denrées est plus exigeante (liste d'ingrédients, allergènes, valeurs nutritionnelles). Mais pour les fleurs brutes, le cadre est bien plus flou. (ce point est détaillé dans Le guide des questions à poser pour combler les lacunes de l'étiquette).

Ce qui manque : les 7 informations invisibles

1. La variété du catalogue européen

Le nom de la variété inscrite au catalogue (Futura 75, Carmagnola, Kompolti...) devrait être obligatoire. Son absence permet de vendre n'importe quelle fleur sous n'importe quel nom commercial. (voir notre article « Pourquoi le nom de la variété du catalogue est la clé de la traçabilité »).

Cet article fait partie du dossier Traçabilité du CBD.

2. Le pays et la région de culture

L'origine géographique précise (et pas seulement « UE ») devrait figurer sur l'emballage. Mention « Cultivé en Italie, Campanie » ou « Cultivé en France, Maine-et-Loire ».

3. Le mode de culture

Indoor, outdoor ou greenhouse : cette information conditionne directement le profil phytochimique du produit et son prix de revient. Son absence masque le décalage entre le prix demandé et la réalité du produit.

4. Les traitements post-récolte

La mention « fleur naturelle non traitée » ou, à l'inverse, « fleur traitée par extraction CO2 » ou « fleur enrichie en isolat de CBD » devrait être obligatoire. C'est l'information la plus déterminante pour le consommateur - et la plus systématiquement absente.

5. Le profil cannabinoïde complet

Au-delà du seul taux de CBD, le profil complet (CBG, CBN, CBC, THCA, CBDA) devrait être accessible. Ce profil permet de distinguer un spectre complet naturel d'un isolat reconstruit.

6. La référence au certificat d'analyse

Un QR code ou une URL renvoyant vers le COA correspondant au lot vendu devrait figurer sur chaque emballage. Cette pratique existe déjà chez les marques premium et devrait être généralisée.

7. La date de récolte

Les fleurs CBD perdent en terpènes et en cannabinoïdes avec le temps. La date de récolte (et non la seule date de conditionnement) est une information essentielle que le consommateur ne peut jamais vérifier.

Le vide réglementaire comme opportunité d'opacité

L'absence d'obligation légale sur ces 7 points transforme l'étiquetage en outil de marketing plutôt qu'en outil de transparence. Les opérateurs les plus honnêtes fournissent spontanément ces informations ; les moins scrupuleux exploitent le vide pour dissimuler l'origine réelle et le traitement de leurs produits. Le consommateur est renvoyé à sa propre capacité d'investigation. (lire aussi « La reconstruction artificielle que l'absence de mention permet de dissimuler »).