L'origine botanique de la distinction Indica/Sativa

La classification binaire remonte aux travaux de Jean-Baptiste Lamarck (1785), qui distingua Cannabis indica (variétés indiennes trapues et résineuses) de Cannabis sativa (variétés européennes hautes et fibreuses). Cette taxonomie, affinée par Schultes et Hillig dans les années 2000, identifie en réalité un spectre continu entre des populations à feuilles larges (BLD, Broad Leaf Drug) et des populations à feuilles étroites (NLD, Narrow Leaf Drug). (consultez également Les vraies variétés de chanvre européen et leurs caractéristiques réelles).

Pourquoi la classification est scientifiquement invalide

Des études génomiques récentes ont démontré que les effets ressentis ne corrèlent pas avec la classification Indica/Sativa, mais avec le profil chimique spécifique de chaque plante - notamment les ratios entre cannabinoïdes et les proportions de terpènes. Deux variétés étiquetées « Indica » peuvent avoir des profils chimiques totalement différents, tandis qu'une « Indica » et une « Sativa » peuvent être chimiquement quasi identiques.

Cet article fait partie du dossier Fausses appellations CBD.

Ce sont les terpènes qui orientent les effets perçus : le myrcène vers la relaxation, le limonène vers l'énergie, le linalol vers la sédation. Un profil riche en myrcène sera « relaxant » qu'il provienne d'une plante « Indica » ou « Sativa ». La classification par terpènes (chémotype) est scientifiquement plus pertinente que la classification morphologique.

L'absurdité de la classification appliquée au chanvre CBD

Lorsqu'en plus la fleur a été washée et terpénisée, la classification devient doublement absurde : les effets éventuellement ressentis sont déterminés par les terpènes ajoutés artificiellement, pas par la morphologie de la plante d'origine. Une « Indica relaxante » n'est qu'une Futura 75 terpénisée au myrcène.

Vers une classification par chémotype

La communauté scientifique préconise une classification par chémotype (le profil chimique complet (cannabinoïdes + terpènes)) plutôt que par morphologie. Cette approche, déjà adoptée par certains laboratoires et dispensaires nord-américains, permettrait au consommateur de choisir un produit sur la base de sa composition réelle plutôt que d'une étiquette marketing sans fondement. (cette dimension est explorée dans Spectre complet, spectre large, isolat : les classifications qui ont du sens).