Le coût réel de l'enrichissement
L'isolat de CBD coûte entre 800 et 3 000 euros le kilogramme. Pour enrichir un kilogramme de fleurs de 5 % à 18 %, il faut ajouter environ 130 grammes d'isolat - soit un coût de 100 à 400 euros. Comparé au prix de vente final (3 000 à 8 000 euros/kg au détail), l'enrichissement représente un investissement de 3 à 10 % du chiffre d'affaires pour une augmentation de prix de 100 à 300 %.
Le mécanisme pervers de la surenchère
Le marché récompense les taux élevés : le consommateur non éduqué associe taux élevé et efficacité. Les vendeurs honnêtes qui affichent 6-8 % de CBD naturel se retrouvent en concurrence directe avec des produits enrichis affichant 18-25 % à des prix comparables. La pression compétitive pousse même les acteurs initialement honnêtes à enrichir leurs fleurs pour survivre commercialement. (cette dimension est explorée dans Le prix comme indicateur : quand un tarif bas révèle une qualité factice).
Cet article fait partie du dossier Taux gonflés et manipulations.
L'asymétrie d'information comme source de profit
Le taux gonflé est rentable uniquement parce que le consommateur ne sait pas distinguer un taux naturel d'un taux enrichi. L'asymétrie d'information (le vendeur sait ce que le consommateur ignore) est la condition sine qua non du modèle économique. Si chaque consommateur pouvait lire un profil cannabinoïde, la supercherie s'effondrerait. (retrouvez l'analyse complète dans L'éducation du consommateur comme antidote à l'asymétrie d'information).
L'impact sur la filière honnête
Les producteurs français qui vendent des fleurs naturelles à 6-8 % de CBD à un prix reflétant leur coût de production réel sont structurellement désavantagés. Leurs produits paraissent « faibles » et « chers » comparés aux fleurs enrichies importées. Cette distorsion de concurrence menace la viabilité de la filière française de qualité. (consultez également La filière française menacée par la concurrence des produits enrichis).