L'isolat de CBD : qu'est-ce que c'est ?
L'isolat de CBD est du cannabidiol purifié à 99 %, obtenu par extraction (CO2 supercritique ou éthanol) suivie de plusieurs étapes de purification (winterisation, distillation, cristallisation). Le produit final se présente sous forme de poudre blanche cristalline, sans goût, sans odeur et contenant 0 % de THC. Son prix de gros oscille entre 800 et 3 000 euros le kilogramme selon la qualité et l'origine. (consultez également Le business des marges colossales entre coût d'enrichissement et prix de vente).
Les techniques d'enrichissement
Pulvérisation en solution
L'isolat est dissous dans un solvant (éthanol alimentaire, propylène glycol ou huile MCT) puis pulvérisé à l'aérographe ou au nébuliseur sur les fleurs. Cette méthode est la plus courante car elle permet une application relativement uniforme et un dosage contrôlé. Après évaporation du solvant, le CBD cristallise en surface des trichomes et augmente le taux total mesuré par analyse.
Cet article fait partie du dossier Taux gonflés et manipulations.
Trempage ou enrobage (Moon Rock / Ice Rock)
Les fleurs sont trempées dans de l'huile de CBD (Moon Rock) ou enrobées de cristaux purs (Ice Rock). Ces produits affichent des taux de 50 à 85 % de CBD et sont généralement vendus comme tels - leur nature enrichie est assumée. Le problème surgit lorsque la même technique est appliquée à des fleurs ordinaires sans que l'enrichissement soit mentionné.
Comment détecter un enrichissement
Plusieurs indices permettent de suspecter un enrichissement : un taux de CBD supérieur à 12-15 % avec un THC inférieur à 0,3 %, un profil cannabinoïde où seul le CBD est élevé (les autres cannabinoïdes (CBG, CBN, CBC) sont anormalement bas, signe qu'ils n'ont pas été enrichis proportionnellement), un aspect poudreux blanchâtre sur la surface des bourgeons et une discordance entre l'intensité aromatique (faible, car le profil terpénique n'est pas enrichi) et le taux de CBD annoncé. (l'Observatoire analyse cette question dans Le profil cannabinoïde complet comme outil de détection).
Les risques sanitaires de l'enrichissement
L'isolat lui-même, s'il est de qualité pharmaceutique, ne présente pas de risque intrinsèque. Le danger réside dans la qualité variable des isolats utilisés (résidus de solvants, contaminants) et surtout dans les solvants de dissolution qui peuvent laisser des résidus sur la fleur. L'éthanol résiduel et le propylène glycol, inhalés lors de la vaporisation, sont potentiellement irritants pour les voies respiratoires. (un éclairage complémentaire dans Les résidus de solvants non testés par les COA standards).